mardi 8 avril 2014

Feuilleton: Le 135ème Régiment d'Infanterie dans la guerre 1914-1918. Les combats de Faux



Les combats de Faux

30 août 1914
Le régiment fait face à l’ennemi

Sur un front de 300 km, ce ne sont pas moins de 7 armées allemandes qui ont repoussé les forces françaises et anglaises. A l’est, le général De Castelnau a réussi à arrêter leur progression mais, de Verdun à Cambrai, nous reculons. Certes, c’est une retraite assez bien ordonnée mais il faudra, un jour ou l’autre, enrayer ce mouvement. Le plan Schlieffen ne semble plus vraiment à l’ordre du jour. Les Allemands qui avaient projeté de contourner Paris par l’ouest ont changé d’avis. Leurs forces ont obliqué vers l’est de la capitale.
Le 30 août, l’Aisne est sur la route de l’ennemi et offre une possibilité défensive.
Le 135ème régiment d’Infanterie est un pion au milieu de ce vaste dispositif. Ses effectifs viennent d’être remis à niveau avec l’apport du 3ème bataillon du 32ème R.I. et 500 réservistes. Ses 3000 fantassins vont donc être, de nouveau, lancés dans le tourmente.
Sur un front de 8 km, de part et d’autre de Faux, 10 km au nord-est de Rethel, ils vont devoir faire face à l’ennemi.
De 4 h à 7 h du matin, on consolide fébrilement les défenses organisées la veille.
A 7h, les 2ème et 4ème bataillons sont violemment attaqués par les Allemands. Notre artillerie ouvre le feu.
A 10H, ces deux bataillons doivent refluer vers le sud-est, sous un violent pilonnage de l’artillerie adverse. Les 1er et 3ème bataillons se retrouvent en 1ère ligne et subissent de lourdes pertes sous le feu des canons ennemis.
On réussit cependant à dégager le 77ème R.I. qui, lui aussi, recule.
Les combats sont intenses. La 1ère ligne du 3ème bataillon cède, à 13H30, sous la pression de forces supérieures. Il en est de même pour le 1er bataillon.
Une contre attaque héroïque menée par les hommes encore valides, conduits, drapeau en tête, par le Lieutenant-colonel Graux, échoue. Les fantassins allemands ne se montrent même pas. L’artillerie écrase nos soldats.
La retraite est ordonnée. Ce qu’il reste du régiment est rassemblé à l’abri du remblai de la voie ferrée.
Ces hommes, épuisés, atteignent Amagne puis Seuil, une dizaine de km au sud de la ligne des combats.
Le brave lieutenant Gaston SULFOURT, qui, avec sa section de mitrailleuses avait échappé par miracle aux obus allemands, à Bièvres, est tué à Faux. Nous n’avons plus de mitrailleurs.
Les fantassins qui arrivent à regagner Seuil n’ont plus d’équipements dignes de ce nom. Les havresacs ont été abandonnés, sur ordre du général, avant la contre attaque menée par 1er bataillon.
Comme à Bièvre, les pertes sont considérables. Onze officiers et 1100 hommes sont hors de combats, tués, blessés, disparus.
C’est, de nouveau, un régiment décimé qui cantonne à Seuil. De nouveau, les hommes se comptent, se cherchent, retrouvent l’ami ou le pleurent. Puis, ils s’effondrent tout habillés là où ils peuvent, dans leur sueur. Le mois d’août est presque fini. Là bas, en Anjou, les femmes rentrent la paille et regardent vers l’est. Elles ne savent pas…

Le Petit Journal titre, en première page :
« La situation militaire» : En Lorraine, la progression de nos forces s’est accentuée. Nous sommes maîtres de la ligne de la Mortagne et notre droite avance.
« La mort du pape Pie X» : Les cardinaux porteront la cape violette
« L’effort de l’Allemagne s’épuisera fatalement » : le général Joffre est l’homme de la situation, avec le calme et la prudence nécessaires, pour supporter tout le poids et l’effort colossal de l’Allemagne, effort impossible à prolonger et qui s’épuisera fatalement devant la tactique française…

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