jeudi 31 décembre 2009

Le drame du Moulin d'Ivray

Un mariage et quatre enterrements
Histoire romancée par Zabulle

Anne Chalumeau, née Ory, presse un petit mouchoir blanc en dentelle sur ses yeux humides et étouffe un sanglot. Il est bon de montrer à la clientèle que la riche tenancière de l'hôtel de la Boule d'Or cache, sous une opulente poitrine, un coeur de mère. Le maire d'Etriché, Pierre Leblanc, officie avec une solennité particulière, adaptée à ces notables du Moulin d'Ivray, réputés pour leur mauvais caractère et la haute opinion qu'ils ont d'eux mêmes. Pierre Chalumeau, le père de la mariée, a coutume de dire que "les pauvres gens sont trop bêtes pour s'enrichir". Anne Ory, lorsqu'elle a épousé Pierre, le 30 août 1785, apportait une rente de 300 écus. Cela a permis au maréchal taillandier de devenir propriétaire de l'auberge du Cheval Blanc, rebaptisée hôtel de la Boule d'Or, ce qui sonne beaucoup mieux, comme les écus des infortunés voyageurs qui y font étape.
Aujourd'hui, Anne, leur fille, épouse un marchand de chevaux de Feneu, Louis Jean Ménard. Louis a longtemps tourné autour de la gamine avant d'obtenir la main de l'héritière. Il n'a pas déplu aux deux tenanciers de voir entrer dans la famille un marchand dont l'activité sera, après tout, complémentaire à la leur. Le jeune homme comblera cet espoir au delà de leurs espérances.
La jeune Anne paraphe fièrement le registre que lui tend le maire, puis c'est au tour de Louis Jean qui signe L.J.Menard, puis Pierre calligraphie ses noms et prénoms en tirant la langue. D'habitude, les mariés et les témoins déclarent "ne savoir signer" mais, aujourd'hui, la famille Chalumeau en remontre à cette assistance de paysans, commerçants, meuniers, huiliers et artisans qui apprécie l'exploit à sa juste valeur.
Les oncles du marié, des Piron de Feneu, commerçants aisés sont témoins du mariage. Le plaisir de Pierre est décuplé quand tous ces Piron là et la mère de l'époux, Jeanne Piron, déclarent ne savoir signer! il n'est de petite victoire! Quant au père du marié, Louis Menard, il a rendu son âme à Dieu en 1810, cela lui épargnera bien des tracas!




Voilà donc, ci-dessus, trois signatures émouvantes. Anne, Louis Jean, et Pierre se sont penchés successivement sur le registre d'Etriché qu'ils ont paraphé, le 1er février 1814.
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En joyeuse théorie, la noce embarque dans plusieurs carrioles, pour rejoindre l'hôtel de la Boule d'Or, à Moulin d'Ivray. Exceptionnellement, la famille n'a pas compté ses écus pour rincer tout ce beau monde et l'Anjou va couler à flots, rouge sombre, comme sang de voyageur!
Quelques invités ont peut être tressailli en entendant le rire de Pierre Chalumeau, échauffé par les verres de vin. Car, on dit dans le village "quand Pierre rit, c'est du malheur qui passe". C'est tellement vrai qu'on le surnomme Pierrerit mais jamais devant lui et avec des frissons dans le dos.


Nul n'en est certain mais, il semble bien que quelques âmes de voyageurs, tristes et sanguinolentes, errent déjà entre ces murs. Les poutres basses, les cheminées et les armoires savent que certaines nuits, Pierre aiguisait son grand couteau. Les charroyères, ces bateaux plats qui servent à faire passer du bois d'une rive de la Sarthe à l'autre savent que certains colis n'étaient pas de bois et n'ont pas atteint l'autre rive. (J'avoue que ce ne sont là que pures élucubrations!)
Bref, si un jour, Fernandel était descendu à l'auberge en robe de bure, cela n'aurait étonné personne, si vous voyez ce que je veux dire!

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Comment Louis Jean et sa jeune épouse ont ils adhéré à cette entreprise familiale? Nul ne le sait mais, d'autres disparitions eurent lieu dans la contrée et le cocher de la malle poste fut un jour poignardé par deux larrons ressemblant fort au père et au gendre.
Enfin, le 4 mai 1817, un certain Xavier Deloeuvre, client de l'auberge, fut retrouvé à l'écluse de Porte Bise, en piteux état. On constata qu'il avait reçu un coup de couteau dans la bouche et que ce n'était pas en se curant les dents qu'il avait pu se faire pareille blessure.
La population se déchaina alors contre les Chalumeau et, par jugement du 10 novembre 1817, les deux Anne, Pierre et Louis furent condamnés à mort. Je commets volontairement ce saisissant raccourci entre le mariage et la condamnation. Il me serait difficile en ce blog de vous raconter tout ce qui se passa entre le mariage et l'exécution des comparses.
L'idée me vint de vous rendre témoins de ce terrible destin à la lecture de l'acte de mariage et des actes de décès ci-dessous. Le 3 février 1818, soit trois années et deux jours après le mariage, le père, la mère et le gendre montaient sur l'échafaud, a Angers. La jeune mariée eut le bon goût d'échapper à cette sentence (sans doute en s'empoisonnant) le 9 janvier 1818.
Ne soyez pas déçus, vous trouverez sur le web le récit plus détaillé des meurtres perpétrés par ces joyeux drilles. Vous pouvez aussi acheter l'excellent livre de René d'Anjou et Cyriaque de Pocé paru aux éditions du Petit Pavé en avril 2001. Je n'aurais aucun mérite à plagier ces auteurs.

Ci-dessous les trois actes de décès du 3 février 1818 à Angers




Anne échappe à l'exécution en s'empoisonnant. Curieusement, cet acte de décès est enregistré par erreur dans les actes de naissance de la ville d'Angers. Est-ce une seconde naissance pour la fille infortunée de Pierrerit? (Information recueillie auprès de (jodetrefia) Geneanet.*
Ci_dessous: les Chalumeau bénéficièrent d'abord d'un non lieu, prononcé par le tribunal de Baugé et rentrèrent triomphalement à Moulin d'Ivray dans une charrette sur laquelle ils arboraient une banderole indiquant: "laissez passer les innocents".

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Pèlerinage sur les lieux du crime, le 1er janvier 2010.
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1) L'auberge telle qu'elle apparaît aujourd'hui.


2) la ruelle, juste devant l'auberge, par laquelle Pierrerit emmena, sans doute, le corps de l'infortuné Xavier Deloeuvre.3) Les bords de Sarthe, juste devant l'auberge.
Epilogue: Emporté par ma fougue juvénile, j'ai instruit à charge, tout au long de ce billet. Or, il est possible que ces aubergistes aient été victimes du délit de sale gueule ou de sale réputation. La preuve de leurs forfaits n'a pas vraiment été apportée. L'époque était troublée et Xavier Delœuvre a peut-être fait une mauvaise rencontre en bord de Sarthe. Tout s'est joué sur les accusations de leur servante, Louise Duvau, étayées par celles de voisins. Il y avait tous les ingrédients d'une erreur judiciaire, la haine, la jalousie, la peur, la médisance, la calomnie. De nos jours, les scientifiques auraient analysé les murs et planchers de l'auberge pour y trouver des preuves. En 1817, les preuves matérielles furent inexistantes.
Quant à fernandel, il s'est retranché derrière le principe du secret de la confession......
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Cliquez sur Chalumeau pour obtenir la généalogie de Pierre
Ou encore sur cette base encore plus complète!

mercredi 23 décembre 2009

jeudi 17 décembre 2009

JOAN BAEZ ~ Pauvre Ruteboeuf ~

Que sont mes amis devenus? Petit clin d'oeil à A.....
Par Joan c'est bien aussi....

vendredi 11 décembre 2009

La ballade irlandaise par la chorale Dalmare canti

Quelques chants de la chorale Dalmare canti sont sur You Tube.
Il suffit de faire la recherche "Dalmare canti" pour les avoir toutes.

Vous pouvez, également, aller sur le blog http://dalmarecanti.blogspot.com/

mercredi 9 décembre 2009

La grande galère des professeurs

Je vous retranscris, in extenso, un article du Monde du 3 décembre 2009 que m'ont fait parvenir les deux garrots (de cheval). Merci vous deux!

Témoignage

Pas simple de gérer sa classe lorsqu'on est une "prof de passage". Véronique Pot a 29 ans. Elles enseigne le français. C'est sa cinquième année de remplacement. Témoignage de sa dernière mission.

Après la Toussaint, me voilà dans le Val-d'Oise. Lundi, mes élèves de 4° rentrent au compte-goutte. Certains arrivent par grappes, en se catapultant contre la porte d'entrée de la salle de classe, qui s'ouvre sous le choc. Ils jettent leur sac, changent deux ou trois fois de place, continuent à parler comme si je n'existais pas, ne daignent pas sortir feuille, ou stylo. Un élève cherche à rouler une pelle à sa copine du moment, fait semblant d'être étonné que je lui demande des comptes. Un autre petit couple se tripote assidûment sous la table.
Une gueulante. Les élèves s'assoient, mais n'arrêtent pas de s'interpeller. Une élève remarque mon désarroi et sourit, à pleines dents "Elle va chialer!". Comme je rétorque vertement, ce n'est pas encore la curée.
En sortant, je dois avoir l'air hagard car un élève de la classe me dit: "Vous inquiétez pas, madame, ils sont comme ça avec tout le monde;3 Un autre a vu que je boitais, et me demande avec bienveillance ce que j'ai. C'est ça qui manque de me faire pleurer.
Mardi, le deuxième cours avec eux est à l'avenant. Comme je me plais en salle des profs, on me dit qu'il y a pire ailleurs. Ici, les profs tiennent le coup "en attendant des points".
Jeudi et vendredi, je prends un carnet. "Madame, vous êtes sûre, vous voulez me mettre un mot?". Menace à peine voilée, qui sera réitérée le lendemain. Une exclusion de cours est impossible, l'équipe de vie scolaire est débordée, et on me l'a expressément interdit.
Week-end infernal. Leurs tentatives d'intimidation commencent à fonctionner. Je pense à eux tout le temps. J'essaie d'imaginer des stratagèmes, je refais les cours, en plus simple, toujours plus simple, des leçons "à trous" pour éviter d'avoir à écrire au tableau, car leur tourner le dos est souvent source d'agitation , de jets d'objets.
Le lundi suivant, comme j'attends le silence depuis vingt minutes, mon cours leur manque en bruit de fonds. Ils sont gênés. "Madame ça s'fait pas, continuez à parler, vous écoutez pas nos conversations!". Alors que je m'avance dans l'allée pour chercher à capter leur attention, R. s'aperçoit que je boite légèrement. "Ouah, elle boite, elle s'est fait enculer ou quoi?". J'hésite entre découragement et rage. Je lui demande de répéter. S. peut-être pour détourner l'attention, m'accuse d'avoir peur de R. de faire semblant de ne pas entendre des réflexions. Je file directement dans le bureau de la principale adjointe. Je fais un rapport. Je ne sais pas jusqu'où ils sont capables d'aller. La principale m'assure que la violence physique contre un prof advient seulement quand le prof est méprisant. J'espère que les élèves sont au courant de cette règle. La principale finit sur cette petite touche d'humour édifiante:"Vous savez, un de nos collègues s'est fait tabasser, il a eu une très bonne mutation".
Une semaine, jour pour jour aprèsma rentrée dans cet établissement j'en appelle au gouvernement. Il faut agir. Il faut des profs, oui, des profs, mais pas n'importe lesquels, et pas dans n'importe quelles conditions.
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Et ce sont des élèves de 4°!!!!
Cliquez sur cette image pour accéder à une étude du problème de vousnousils.fr

Je vais enfoncer une porte ouverte mais, je le dis quand même: "Au lieu de s'occuper de la citoyenneté, des cendres d'Albert Camus, et du grand emprunt auprès des banques, nos hommes politiques ne devraient ils pas mettre un peu les mains dans le cambouis, pour ne pas dire dans la merde?"


Voir également sur ce sujet l'excellent site: http://cpe.paris.iufm.fr/spip.php?article510

jeudi 3 décembre 2009

Michel ONFRAY Nicolas SARKOZY Albert CAMUS

Je relaie, comme des centaines d'internautes, la lettre de Michel ONFRAY publiée dans "Le Monde" du 24 novembre 2009.
Ce que je ne comprends vraiment pas, dans cette nouvelle "affaire", c'est l'inconscience des conseillers de Sarkozy, capables de l'envoyer dans un tel couloir d'avalanches. Ce que je ne comprends pas, c'est la puérilité (je ne trouve pas d'autre mot) du président, qui fonce tête baissée dans le traquenard!
Sont vraiment pas doués les conseillers du petit!
A moins que ....!?
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Et s'ils le faisaient exprès les salauds!
*


Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d’accueillir les cendres d’Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son œuvre et qu’une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l’éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l’histoire sans jamais commettre d’erreurs : il n’a jamais, bien sûr, commis celle d’une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s’engager pour combattre l’occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s’est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l’Ouest pour l’estimer totale à l’Est: il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l’opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d’autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l’instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d’origine en devenant, par la culture, les livres, l’école, le savoir, celui que l’Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. » Dès lors, c’est à La Princesse de Clèves que Camus doit d’être devenu Camus, et non à la Bible.De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l’américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d’une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d’autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

Savez-vous qu’Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c’est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu’il n’ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l’argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l’impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande « une vraie démocratie populaire et ouvrière », la « destruction impitoyable des trusts », le « bonheur des plus humbles d’entre nous » (Œuvres complètes d’Albert Camus, Gallimard, « La Pléiade », tome II, p. 517) ?

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, « désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit », et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n’a cessé de
célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L’Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive -une perversion sartrienne bien ancrée dans l’inconscient collectif français… -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le « syndicalisme révolutionnaire » présenté comme une « pensée solaire » (t. III, p. 317).

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à « une nouvelle révolte » libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la « forme de la propriété » dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n’est pas une exception, c’est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : « Le pouvoir rend fou celui qui le détient » (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l’anarchiste, le libertaire, l’ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d’Etat qui s’illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l’emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d’ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l’occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité. Camus parlait en effet dans L’Homme révolté de la nécessité de promouvoir un « individualisme altruiste » soucieux de liberté autant que de justice. J’écris bien : « autant que ». Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c’est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c’est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c’est l’Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d’âme ; la justice sans la liberté, c’était l’URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l’incarnation souveraine, n’est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd’hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n’est guère question de liberté ou de justice… Ces filles et fils, frères et sœurs, descendants aujourd’hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d’Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu’aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu’elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé « La condition ouvrière » qu’il fallait faire participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national » (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate…

Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l’intelligence contre les partisans du sang de
l’armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c’était par défaut : Albert Camus n’a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru – pourvu qu’elle soit morale.

Comment comprendre, sinon, qu’il écrive dans L’Express, le 4 juin 1955, que l’idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l’opportunisme des totalitarismes du moment et qu’elle « réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté » (t. III, p. 1020) – ce qui dans L’Homme révolté prend la forme d’une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien… Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n’est pas la critique de tout le socialisme, loin s’en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l’hégémonie d’un seul.

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza – la seule tombe qu’il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin… Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l’efficacité de son exemplarité (n’est¬ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

Donnez-nous en effet l’exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu’au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n’entendez pas mener une politique d’ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l’action politique à l’amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire…

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d’un Camus au Panthéon, qu’à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n’aura pas été opportuniste, autrement dit, qu’elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu’en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l’origine d’une authentique révolution qui nous dispenserait d’en souhaiter une autre. Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

mercredi 2 décembre 2009

Stand By Me | Playing For Change | Song Around the World

Un ami m'a fait découvrir ce petit chef d'oeuvre.

jeudi 26 novembre 2009

mardi 24 novembre 2009

Jean-Louis PESCH et la Bête du GEVAUDAN

Il est des rencontres qui marquent une vie! Je suppose que les bergères et bergers, ceux qui ont croisé la route de la Bête, ne me contrediront pas! J'ai rencontré des imbéciles, pas forcément bêtes d'ailleurs, mais je n'en fus pas mordu. Certes, la semaine dernière, le chien de mes voisins a mordu la main que je lui tendais mais, en l'occurence, c'est moi qui fut bête de la lui tendre et lui ne fut pas tendre avec mes doigts, je dois bien le reconnaitre.
Depuis quelques semaines, je rencontre régulièrement Jean-Louis PESCH, le célèbre auteur de la bande dessinée "Sylvain et Sylvette". Jean-Louis a élu domicile dans le Haut-Anjou, pas loin de chez moi et je suis allé toquer à sa porte. Avec mon idée derrière la tête, j'avais l'air de ce que j'étais, un solliciteur. Les idées derrière la tête ne forment pas une auréole, comme celle des saints, mais donnent un air de casse-pied.
Dans la cour il y avait le grand loup noir, l'un des quatre compères, fort aimable ma foi puisqu'il ne s'agit, en fait, que d'un brave chien. Il m'accueillit fort courtoisement. Je ne vis pas les autres compères.
Je venais solliciter, en cette demeure, la collaboration du dessinateur pour la réalisation d'une plaquette promotionnelle. L'office de tourisme du Haut Anjou voulait faire connaitre le bois de mon village et inciter les écoles de la région à y amener leurs classes. Immédiatement, Jean-Louis PESCH a adhéré à cette idée et le bois est devenu LE "LIEU" où Sylvain et Sylvette ont vécu leurs nombreuses aventures. Les deux gentils personnages ont investi les frondaisons, installé leur âne, leur chèvre, leurs poules au creux des sentiers où, rapidement, ils ont eu à se garder des quatre compères. La magie de cette bande dessinée a agi et le bois ne nous appartient plus. Il appartient désormais aux enfants.


La plaquette

Je dois dire, en passant, que les moins ravis ne sont pas les quatre autres compères de cette aventure. Je désigne ainsi quatre élèves du lycée agricole Edmond Michelet qui oeuvrent à la réalisation de cette plaquette dans le cadre de leur "mémoire" annuel. Ils en sont, en quelque sorte les coauteurs. Ils ont élaboré les textes, orienté le dessinateur, déterminé les domaines à éclairer avec l'enthousiasme qui sied à leur jeune âge. Je vous les présenterai dans un futur billet.
*
Bon, me direz vous, mais quel est le rapport avec la Bête? Zabulle, tu nous allèches avec la promesse d'égorgements bien sanglants, d'éventrations à la londonienne, d'effrois excitants et tu nous parles de Sylvain et Sylvette.
Oui, oui, j'y viens.

Jean-Louis est un protecteur intransigeant des animaux, défenseur des loups du Mercantour, des ours des Pyrénées, des tigres du Bengale et des bengalis du Tigre. Il fréquente même Allain Bougrain-Dubourg, c'est tout dire! Aucun de ses personnages qu'il soit humain ou animal n'est méchant. Ni blessures, ni estropiements ne viennent jamais punir les facéties des compères.
Pourtant, en 2005, il a publié "La bête du Gévaudan" aux éditions De Borée. C'est un livre magnifique, avec des dessins superbes, un souci incroyable du détail et de la vérité. Mr PESCH lui a consacré près de 18 mois de travail, de visites sur place, de consultations d'archives. Les paysages sont authentiques, les fermes sont typiques, les costumes étudiés sur des documents d'époque. Bref, le perfectionnisme de cet auteur transparait dans chaque page de l'ouvrage et c'est tout à son honneur.

J'ai interrogé Jean-Louis sur les raisons de cet "écart de conduite". La réponse fut celle d'un vrai philosophe. En gros, il est malséant d'inventer l'horreur dans un ouvrage de fiction mais, quand il s'agit de rendre compte de faits réels, il faut agir en historien. La bête du Gévaudan a bien existé, elle a croqué une centaine de malchanceux, difficile de faire de cette histoire une bluette.

La vraie question est la suivante: Ces loups étaient ils plus féroces que certains acteurs du drame? Je cite Monseigneur de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende "...pères et mères qui avez la douleur de voir vos enfants égorgés par ce monstre que dieu a armé contre leur vie, n'avez vous pas lieu de craindre d'avoir mérité par vos dérèglements que dieu les frappe d'un fléau terrible?". Ben tiens, les mécréants! Je suis certain qu'ils n'y avaient même pas pensé.

Le résultat de ce joli prêche fut que beaucoup d'attaques furent gardées secrètes par les proches des victimes. Ils craignaient l'amalgame...


Jean-Louis dédicaçant son livre

Au fait, je vous propose un jeu:
Quelle est notre bête du Gévaudan actuelle?

Le SIDA?
La grippe A?
Le réchauffement de la Terre?
Les tempêtes?
Les tsunamis?

De toutes façons, bande de mécréants, je vous soupçonne de ne pas assez prier le grand ectoplasme!


mercredi 4 novembre 2009

Arnaque organisée à Paris

**

J'ai vaguement l'impression de m'être fait arnaquer par la police nationale. C'est plus qu'une impression, une inquiétude! Est-il possible que nos braves pandores, en bande organisée, soient mandatés par la préfecture de Paris pour faire du chiffre? Pire encore, des responsables de la police sont ils capables de prendre des initiatives à la limite de l'abus de pouvoir?
Jugez en:
Vendredi, sortant du périphérique au niveau de la porte d'Orléans, je retrouve les joyeux encombrements des rues parisiennes. Les voitures, autobus et camions avancent cul à nez, et nez à cul, vers la fameuse porte. Pour couronner le tout des travaux sont en cours, deux grues sont à l'oeuvre et la pagaille est indescriptible.
Coincé entre deux voiture, un autobus et un camion, je ne sais plus trop où je suis. Je viens de passer un feu vert, j'avance dix centimètres par dix centimètres dans un univers sans repères et sans visibilité.
Enfin, une dizaine de gardiens de la paix semblent vouloir s'occuper du problème. Ils font signe aux voitures de tourner à gauche dans une voie dégagée. De bonne grâce, j'accepte de sortir de la bonne direction en me disant que je retrouverai la bonne route plus tard.
A ce moment là, une pandore féminine, du genre choisi sur casting, se penche à ma portière. Je baisse ma vitre et j'entends: "Vous savez pourquoi je vous arrête?".
"Ben, non, évidemment". "Encombrement de carrefour!" qu'elle me répond l'actrice de cinéma.
Je réponds: "Vous plaisantez?". Ben non, elle plaisante pas et, comme il lui reste une dizaine de feuillets sur son carnet à souches et que l'heure de l'apéro approche, j'ai droit au PV.
Notez bien que toutes les voitures à qui on a demandé de tourner à gauche ont droit au PV. Ca prendra même une demi heure pour verbaliser tout ça malgré la présence d'une dizaine de résultats de casting policier.
J'aimerais savoir combien de malheureux ont eu droit à cette arnaque? Il fallait voir l'étonnement de tous ces lauréats de la loterie policière. Je suis certain qu'au moins une centaine d'automobilistes ont eu droit à cette flagrante injustice! A 90 Euros le pigeon, ça en fait de l'oseille récoltée!
D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi le maire de mon village n'utilise pas cette arnaque pour renflouer les caisses du bourg. Il suffit de mettre une grue en travers du carrefour des amourettes, trois quatre pandores aux aguets, et hop, encombrement de chaussée sur dix kms. Si en plus il y a deux ou trois parisiens dans la file le plaisir en sera décuplé!

mardi 3 novembre 2009

Le chat de Geluck

Moi qui ne suis, tout au plus, qu'un vieil homme sautillant de certitudes erronées en incertitudes avérées, j'admire le chat de Geluck, placide et stable sur ses pattes.
Petit clin d'oeil aux bigarreaux en passant. Comme ces cerises dont on décore les oreilles de nos enfants, au printemps, ces bigarreaux là ont mon oreille en toute saison... Comprenne qui pourra!

vendredi 23 octobre 2009

Jean Pierre Treiber se cachait à Disneyland


La vigilance des responsables du parc d'attractions Disneyland a permis, enfin, de localiser et d'arrêter Jean-Pierre Treiber. Déguisé en Mickey et mêlé à la foule des badauds, le fugitif pensait pouvoir se faire passer pour le sympathique personnage.
Malheureusement pour lui, les oreilles, placées un peu trop bas, n'ont pas trompé Pluto. Plutôt contrarié, Treiber a annoncé que, la prochaine fois, il se déguiserait en Capitaine Crochet et se déplacerait en Minnie voiture.


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Bon prince, jean-Pierre Treiber a gardé le sourire
après son arrestation

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Les allées du pouvoir luisent de la bave des courtisans

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Auctoris Anagramma

Ioannes Bedæus. Ei Deus annos bea...

Ei, magne, poli potentis aulæ
Deus, qui rutilis micas icellis,
Annos, deprecor, oro, geƒtioque
Bea, queis lepidum regis Bedæum


Elias Elyƒius Picto fecit.

Sire,

L’histoire naturelle nous apprend que les abeilles paraissent, à leur commencement, comme un petit ver blanc, sauf celui qui doit être « Roi », lequel nait avec ses ailes, et est de couleur jaune, parce qu’il est formé des plus exquises fleurs.
Si le Monarque de l’Univers à donné tel privilège au Roi de si petits animaux, que doit on croire de celui qu’il a établi pour commander aux hommes, qu’il a honoré du titre de Très-Chrétien ?
Laquelle créance, Sire, pour confirmer les cœurs de vos sujets et détruire l’opinion des docteurs de mensonge qui, faussement soutiennent, que la puissance royale n’est point absolue et qu’elle est d’invention humaine.
J’ai osé dresser ce petit discours et le présenter à Votre Majesté, afin que par sa lecture, ils apprennent à ne plus blasphémer contre les puissances établies de Dieu seul, et qu’ils sachent que ce n’est point l’ancienneté et la grandeur de votre maison, la noblesse des princes auxquels votre majesté commande, la prudence de vos cours souveraines, l’ordre ecclésiastique, l’étendue de vos provinces, la force de vos places, l’affection de vos peuples, la fidélité des alliés de votre couronne, l’expérience de vos capitaines, la valeur de votre noblesse, les foudres de votre arsenal, le grand fonds de vos finances, qui soutiennent votre Couronne. Mais ce divin caractère gravé du doigt de Dieu en la face du Roi lequel, siégeant sur le trône, dissipe tout mal par son regard.
Vous ayant, Sire, dès cet âge tendre, donné des ailes pour voler au dessus des peuples, qu’il a laissés rampants comme vers de terre au prix du rang qu’il donne à votre majesté de laquelle, comme Très Chrétienne, tout bon français, par le joug imposé de Dieu à sa propre conscience, se reconnaît obligé de faire vœu tel que je fais, de demeurer pour jamais, sans dispense d’un tel devoir.

Sire,

Votre humble, très obéissant et très fidèle sujet et serviteur

Jehan Bédé de la Gourmandière

Nous sommes en l'an de grâce MDCXI (1611). Henri IV a rencontré l'année précédente un nommé François Ravaillac avec qui, il a taillé une bavette, la sienne. C'est donc à Louis XIII qu'est adressée la chose.

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En changeant quelques mots, vous comprendrez bien vite qu'on pourrait rejouer cette petite comédie dans les coulisses de notre actuel pouvoir.
Nous autres, petits rats d'égout, vers, sans lueurs, sous le ras des pâquerettes, téléphages consommateurs des jeux du cirque médiatique, devrions enfin comprendre qu'il est des lieux où les ailes n'ont pas besoin de pousser sur le dos des enfants rois. Elles y sont de naissance.

mardi 13 octobre 2009

Elie BEDE de la Gourmandière (suite)

Un blog c'est aussi l'occasion d'échanger des informations avec des ami(es), fidèles lecteurs, qui se manifestent spontanément quand un billet parait. J'en suis toujours étonné et ... aiguillonné.
C'est ainsi que j'ai pu découvrir que Celestin Port parlait des mes BEDE ce qui indique l'importance du passage en nos murs de cette famille huguenotte.
Avec le même état d'esprit que lors de mon précédent billet, j'ai donc encore suivi quelques pistes et accroché d'autres tableaux aux cimaises de cette galerie virtuelle.
Elles m'ont mené au Canada, où, encerclé par une bande de furieux Iroquois, j'ai fait la connaissance de Louis d'Ailleboust, gouverneur général en 1648 de la Nouvelle France.
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Planqués derrière des remparts de bois, avec, comme bruit de fond, l'impact des flèches décochées par les indigènes locaux, nous avons pu échanger quelques propos.
La mère d'Elie Bede des fougerets, vous savez, le fameux Mr DEFONANDRES de la pièce de Molière, s'appelait Marie d'Ailleboust, du moins, je crois...
Son père était jean d'Ailleboust, premier médecin du bon roi Henri IV qui avait failli avoir de gros ennuis avec Gabrielle d'Estrée le jour où, ce gros malin avait annoncé au vert galant que la gabrielle était enceinte alors que ce dernier ne se souvenait pas avoir touché récemment la coquine...
Gabrielle d'Estrée
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Son grand-père était pierre d'Ailleboust, médecin de François 1er (Quelle famille).
Bref, en redescendant l'arbre généalogique par d'autres voies, je me suis retrouvé embarqué avec ce rejeton des médecins royaux, débarquant à Quebec en 1643 dans l'intention d'apprendre à ces bons sauvages, trop enclins à se balader à poil, l'art d'enfiler une culotte décente et un pull marin, et se retrouvant à quatre pattes derrière la palissade qu'en excellent ingénieur militaire il venait de faire édifier. Voila qui est édifiant!
A mon avis, je vais avoir quelques mails de la part de tous les rejetons de ces d'Ailleboust là, qui ont fait souche au Canada. Car, si Louis n'a pas eu le temps de procréer (quand on est sur le ventre avec une flèche dans le gras du jambon, on ne pense pas aux galipettes.) son neveu Charles, emmené dans ses bagages, a rattrapé cette lacune et laissé une nombreuse descendance dans la Belle Province.
Je les salue amicalement, comme dit Michel Drucker à chaque fois qu'il envoie une pique à quelqu'un.
Bon, je sais, tout cela est un peu décousu, comme le pantalon que j'ai laissé tout à l'heure sur un barbelé en allant aux noix mais, on peut bien rigoler un peu non?

vendredi 9 octobre 2009

Elie Bédé Sieur de la Gourmandière et des Fougerais. Familles bede, bedee.


Armoiries de la famille BEDE
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Il est parfois des trésors, cachés sous la viorne sauvage qui protège les vieilles maisons. Enlacés par les rames tortueuses, les vieux murs rendent parfois les armes et se laissent pénétrer par les vrilles inquisitoriales. Elles peuvent alors mettre à jour quelques pièces d'or, un pistolet à chien, un vase précieux ou des secrets de famille.
Je me suis récemment penché sur une vieille ferme de mon village. Mon investissement ne fut que virtuel et nul espoir de récompense ne me motivait autre que l'assouvissement de mon illégitime curiosité.
J'ai soulevé le toit délicatement en essayant de ne pas déranger les actuels propriétaires, fort occupés à assembler quelques bouquets de roses fraichement cueillies. Les roses de la Gourmandière, cultivées à l'ancienne sous une grande serre, peinent à faire vivre ces courageux horticulteurs, en butte aux importations de fleurs d'Afrique du sud ou autres contrées néo-esclavagistes. Via la Hollande, toutes ces fleurs, récoltées dans des pays sans besoin de chauffage, par des ouvriers sous payés, tuent peu à peu nos artisanats locaux.
En vieux rat d'archives numérisées, je me fis furtif et fouillai avec pugnacité la toile d'araignée dite web, à la recherche de plus anciens locataires de cette terre de la Gourmandière.
J'ai la faiblesse de croire que toute maison ancienne recèle des secrets captivants et, encore une fois, je ne fus pas déçu.
Un peu de toponymie pour commencer. C'est une science parfois hasardeuse mais tellement amusante. En fait, je pense que la Gourmandière doit son nom à un nommé Guyon Gommont, propriétaire dans les années 1400 de ces mêmes lieux alors nommés "La Gommonière". La sémantique évolua par la suite vers "La Gourmondière" puis vers "La Gourmandière".
Passons sur les différents seigneurs, propriétaires successifs de ce fief et qui en faisaient parfois aveu aux religieux de l'abbaye de Bellebranche, encore debout de nos jours dans les bois de Saint Brice, en Mayenne. Le terme « aveu » (du latin advocare, appeler ou avoir recours) désignait, à l'époque féodale, l'acte par lequel le serviteur reconnaissait son maître et le maître son serviteur.
Comprenne qui pourra...
Passons aux surprises:
En 1618, un certain Jean Bedé, écuyer, avocat au parlement de Paris, est l'heureux propriétaire des lieux.
Je me penche et ramasse ce fil.
Jean Bedé est un protestant huguenot. En 1618 c'est encore relativement calme pour ces protestants "européens" mais, cela ne va pas tarder à chauffer pour eux (dans tous les sens du terme d'ailleurs). Louvois, dans une soixantaine d'année va envoyer ses dragons étriper ces braves gens et les accrocher aux gibets. Pour l'instant ça se chamaille, sans plus.
En 1675, un certain Charles Bedé, toujours huguenot, chevalier, conseiller du roi, marêchal de bataille en ses armées, gouverneur des ville et citadelle de Saverne, seigneur des Fougerais de la haute-Cuve et de la Gourmandière rend toujours aveu à l'abbaye de bellebranche.
Tiens, tiens.
Bizarre, vous avez dit bizarre.
Le fil qu'il faut ramasser maintenant est ...... Fougerais. Il y faut un certain flair et beaucoup de pôt.
Sur le web, il y a des moteurs de recherche, sinon cela ne servirait à rien.
Et voila ce qu'on y trouve:
"Le membre le plus connu de cette famille est un personnage médiocrement estimé, Elie Bedé, qui changea son nom en Beda puis en des Fougerais, nom d'une terre qui lui appartenait."
Et bien ce Fougerais n'est autre que le Desfonandrés de la pièce de Molière "L'Amour Médecin".

Molière s'est inspiré de ce médecin un peu charlatan, dévoué à Madame, épouse du roi, pour camper un médecin ridicule. Desfonandrés signifie "Tueur d'hommes".
Les protestants eux mêmes s'acharnent sur le dit Elie, converti au catholicisme, avec éclat, en 1648 . Ils écrivent: "Ses thèses ridicules, la censure que provoqua contre lui la Faculté, à cause de son charlatanisme,les graves accusations qu'a publiées Bussy-Rabutin contre ce médecin, achèvent de rendre peu regrettable, pour notre église, la perte qu'elle fit en sa personne." (Sympa non?)
Bon, nous sommes au bout de l'écheveau. Je ne sais pas si vous avez aimé suivre avec moi cette piste. Personnellement, je trouve cela captivant. Vous soulevez le toit d'une vieille maison voisine, vous y débusquez de vieux fantômes tout poussiéreux et vous parvenez à assoir, à la même table, des horticulteurs, des huguenots, des avocats, des médecins et Molière.


Molière

Bon je sais, dans KOH LANTA ils arrivent à rassembler des beaufs, des couillons, des imbéciles et des effeuilleuses et c'est sans doute plus captivant.
Je n'ai pas ça sous la main.
Désolé!

jeudi 8 octobre 2009

Le Fanal bleu de Colette


Depuis quelques années je n'avais plus le goût de lire des romans. Haroun TAZIEFF, à qui je n'aurai pas l'outrecuidance de me comparer, refusait lui aussi toute autre lecture que les ouvrages scientifiques. Je m'autorisais tout au plus quelques ouvrages de philosophie et notamment ceux de Michel ONFRAY.
Je ne saurais vous dire pourquoi. La futilité de certaines lectures m'était trop apparente sans doute pour que j'y sacrifiasse le moindre de mes loisirs. Le roman, dans mon esprit, n'est que virtualité.
Puis, alors que je rangeais mon grenier, j'ai aligné sur une étagère une douzaine de livres de Colette.
J'avais, bien entendu, le souvenir d'écrits virtuoses de ce magnifique écrivain.
J'ai donc posé la main sur le premier ouvrage, je l'ai ouvert, j'ai lu la première phrase, puis la deuxième et le livre m'a suivi vers le chevet de mes nuits.
Gigi m'a accompagné une journée, puis Sido, puis cette ingénue libertine qui m'avait ému adolescent. J'ai revisité Claudine, pris mes aises dans une "Chambre d'hotel", coiffé "le képi", caressé "Mitsou" et accompli "le Voyage égoiste" de notre amie.
Tous les ouvrages retrouvés sont désormais dans mon bureau et j'en achète d'autres. je suis dans ma période "Colette". Je sais que, dans quelques semaines ou quelques mois, je sortirai de cette addiction comme de bien d'autres mais, pour l'instant, je suis comme ces fumeurs qui allument une cigarette au bout incandescent de la précédente. J'allume "la Seconde" à "la Vagabonde" et m'oublie au fil des phrases lumineuses de Sidonie Gabrielle.
Le dernier livre de Colette est un voyage immobile. Malade, elle ne pouvait plus parcourir les vignobles du Beaujolais ou les rues de Grasse mais les mettait encore en lumière, surveillée du coin de la moustache par sa dernière chatte.


Une phrase m'interpelle, comme on dit aujourd'hui:
"Je ne bouge plus, je ne bouge guère, je me berce sur mon ancre sous le fanal bleu"
Le fanal bleu était la lampe, jamais éteinte, qui brillait jour et nuit dans sa chambre, permettant sans doute de ne jamais autoriser une obscurité angoissante, propice aux cauchemars et aux trépas. La peur du noir a du survivre en nous depuis les terreurs crépusculaires de nos lointains ancêtres.
"Ceux-là qui ont médité, proches d'un feu, quand la nuit abaissée de l'autre côté de la vitre leur garantit une sûre clôture, ceux-là n'ont plus à craindre qu'auprès du feu les rejoignent le chien et le loup crépusculaires, le frisson, le sursaut."
Moi même, vieil enfant, je songe parfois à installer une veilleuse au ciel de notre lit, qui allongerait les jours pour les mettre bout à bout, sans laisser de place aux parenthèses obscures.






http://www.wikio.fr

jeudi 1 octobre 2009

dimanche 6 septembre 2009

La grippe porcine

Je commenterai plus tard mais, en attendant, je vous livre cette vidéo édifiante.
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jeudi 13 août 2009

Téléphone moi

Juste une petite vidéo géniale pour vous donner signe de vie....


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samedi 4 juillet 2009

Transcription acte de mariage Robert Retailliau et Jacqueline Marie Anne Elisabeth de Cambourg


Mariage de Mr Robert Retailliau et Delle Jacqueline Marie Anne Elisabeth de Cambourg

L’an mil huit cent quatre vingt dix neuf, le dix sept juillet à quatre heures du soir, heure légale, Devant nous, soussigné adjoint délégué par le Maire, Chevalier de la légion d’honneur, officier de l’Etat Civil de la ville et commune d’Angers, Département du Maine et Loire sont comparus
En notre maison commune salle ordinaire des mariages, les portes étant ouvertes au public____
Mr Robert Retailliau, sans profession, célibataire, né à Chateauneuf sur Sarthe (Maine et Loire) le onze juillet mil huit cent soixante quatorze, domicilié à Angers avec ses père et mère, boulevard de Saumur 49______________
Passé dans la réserve de l’armée active__________________
Fils majeur de Georges Retailliau propriétaire, conseiller général et de Charlotte Valérie Joubert, son épouse, sans profession, présents et consentants____________    
d’une part _____
Et Delle jacqueline Marie Anne  Elisabeth de Cambourg, sans profession, célibataire, née à Faveraye, Maine et Loire, le trois novembre mil huit cent soixante dix huit, domiciliée à Faveraye avec son père __________
Fille mineure de Marie Louis Antoine de Cambourg, propriétaire et de Jacqueline Joséphe Bernadine Clara de Boispéan son épouse, décédée à Favereye le cinq novembre huit cent quatre vingt cinq, le père ici présent et consentant__          
d’autre part____
Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été affichées les dimanches 18 et 25 juin derniers devant la principale porte extérieure de la mairie de cette ville, domicile du futur et celui des personnes sous la puissance de qui il est placé et celle de Faveraye, domicile de la future et celui de son père sous la puissance duquel elle est placée ainsi que le constatent les certificats des maires des dites communes du vingt neuf juin dernier lesquels sont joints au présent_____
Sur notre interpellation les contractants et les personnes présentes pour les autoriser nous ont déclaré que les conditions civiles de cette union ont été réglées par un contrat passé devant Me Bidet notaire à Thouarcé 3 juillet courant dont un certificat du dit jour est joint au présent___
Production nous a été faite des actes de naissance des futurs conjoints et de décès de la mère de la future lesquels sont joints au présent___
Aucune opposition n’ayant été signifiée___
Faisant droit à la réquisition des parties après avoir donné lecture de toutes les pièces  ci-dessus mentionnées et du chapitre  dix du titre du Code civil intitulé « du Mariage » avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement nous avons prononcé au nom de la loi que :
Robert Retailliau et Jacqueline Marie Anne Elisabeth de Cambourg sont unis par le mariage de tout quoi fait publiquement avons dressé acte en présence de Mr le comte Zacharie du Réau propriétaire conseiller général âgé de quatre vingt six ans domicilié à la Salle Aubry (Maine et Loire) château de Barot grand oncle de l’épouse ; le vicomte de Cambourg François propriétaire âgé de quarante neuf ans domicilié à Chateaubriand (Loire Inférieure) château de la Trinité oncle de l’épouse ; Joseph Achille Joubert Bonnaire propriétaire âgé de quarante six ans domicilié à Ploubazbanec (Côtes du Nord) château de Kersa oncle de l’époux ; Louis Alcime Lebreton propriétaire âgé de soixante et un ans domicilié à Angers rue Volney oncle de l’époux et après lecture public les parties et les témoins de ce requis ont signé avec nous.

vendredi 12 juin 2009

Prière

Je me suis fait rare sur ce blog en raison de l'hyperactivité dont j'ai fait preuve sur un chantier domestique. Un marteau dans chaque main et la bouche mâchonnant quelques clous, je me tenais éloigné du clavier.
Une inquiétude m'y propulse de nouveau, à la veille d'une petite semaine de marche au flanc des montagnes pyrénéennes.
Je veux prier, psalmodier une requête, supplier le représentant de ma république laïque, représentant dont les extravagances ne cessent de m'interpeler et de me peler tout court d'ailleurs:
" Monsieur le Président, si ma voiture est prise dans un carambolage monstre faisant une centaine de morts, si les Pyrénées m'ensevelissent avec mon groupe de marcheurs, si un tsunami ravage Saint-Jean-de-Luz au moment où je ferai trempette, et quelque soit le motif éventuel de ma disparition inopinée et collective, soyez aimable de ne pas me rendre un hommage public par une messe à Notre-Dame.
Car, voyez-vous, je suis athée et, même si dans le même temps vous prenez soin d'associer à cette gesticulation, Allah, Jehovah ou Vichnou, cela ne me fera pas plaisir.
Ma dignité souffrira de cette confusion entre public et privé et, comme vous étes coutumier du fait, je suis certain que vous allez encore vous précipiter auprès des représentants de votre croyance personnelle.
Respectez, même post-mortem, mes convictions. Mes ancêtres ont conquis une institution inaliénable qui veut que les Eglises et l'Etat vivent séparés. Cela me donne le droit de croire que jamais mon nom ne sera mélé, de près ou de loin, à une mascarade collective de type Te Deum ou autre gesticulation.
Alors, soyez aimable de m'oublier. Gardez votre énergie pour d'autres causes, il y a du boulot! Je suis bien conscient que vous attendez, au minimum, un petit bénéfice politique de ces apparition fort médiatisées, diffusées aux heures de grande écoute, et relayées dans les petites lucarnes du monde entier, mais ça, justement, je m'en fous aussi!

Pour en savoir plus, voir l'excellent article de Danièle SALLENAVE dans Le Monde du 8 juin 2009, que mes amis bigarrés m'ont fait tenir.

vendredi 10 avril 2009

Les castors sont de retour

Exterminé pour sa fourrure, en France, à la fin du XIX ème siècle , le castor ne fréquentait plus que les rives du Rhône et ce, en très petit nombre.
Réintroduit dans plusieurs régions, il vient de faire sa réapparition sur les rives de la Sarthe. J'ai découvert ses traces sur la petite ile qui trône au milieu de la rivière, en face de la place des marronniers.
Les travaux d'abattage de ce sympathique rongeur sont déjà impressionnants. Jugez en sur cette photo prise dans le bras mort qui contourne l'ile. L'animal s'est attaqué à un peuplier d'au moins 50cm de diamètre qui va bientôt chuter.
Ca et là, on peut apercevoir des trognons plus petits, rongés en pointe caractéristique.

Impossible d'apercevoir l'animal, très peureux et qui ne sort pratiquement que la nuit. Il faudra être patient pour surprendre un de ces bûcherons au travail.
S'il n'entre pas en conflit avec les brissarthois, nous aurons peut-être la chance de le croiser un jour au détour d'une bouêre, trainant son repas derrière lui, en compagnie de Pollux (Ah non, ça c'est une autre histoire!).

mardi 24 mars 2009

Le scandale des fraises espagnoles et des lynx pardelle


Beaucoup de blogs reproduisent un article écrit en 2007 par Claude-Marie VADROT. Comme il n'est pas inutile d'en faire profiter un maximum de personne, je sacrifie également à ce rite écologiste. Peut-être déciderez vous, comme moi, de ne plus acheter de fraises espagnoles. En photo, je vous présente la victime principale de cette culture, le lynx pardelle.

D'ici à la mi juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être murs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le même goût des tomates…

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion.

A dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement. Car, la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Donana, près du delta de Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserve d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF-France s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants, produits in-vitro, sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver, pour avancer la production. A l’automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microphone est détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brulant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l’hiver.

Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des rongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardelle, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportés par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place.

Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’exiler ailleurs en Espagne. Remarquez : ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ils ont respiré…

La production et l’exportation de la fraise espagnole, l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importés des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…


Bon appétit!

lundi 23 mars 2009

Un monde malhonnête



Nous vivons dans un monde incroyablement mal géré par ces gens que nous mettons au pouvoir.
Ils dépensent nos impôts sans discernement et lèvent les bras aux ciels quand nous nous en étonnons. D'astucieux voyous profitent de cette impéritie et s'engouffrent dans les failles du système. Nous sommes comme ces nuages d'anchois autour desquels tournent des barracudas. Les anchois qui gravitent en bordure du nuage se font gober par les prédateurs tandis que ceux qui se sont réfugiés au centre en réchappent. Mais c'est là un monde mouvant dans lequel les anchois du centre finissent par graviter en bordure et vice versa. En réalité c'est la méthode qui est mauvaise mais les anchois ne veulent pas en changer.
Prenons par exemple les modes de prise en charge des situations de détresse en matière de logement.
Une famille de deux adultes et cinq enfants est à la rue. Elle s'adresse à une quelconque mairie de banlieue parisienne qui la reloge dans un hôtel. L'hôtel facture trois ou quatre chambres, à 30 ou 40€ la journée, ce qui fait en gros 3000 à 4000€ par mois, payés par les services sociaux de la mairie. Ca, c'est le premier acte.
Dans la réalité, l'hôtelier case tout ce petit monde dans une seule chambre et perçoit quand même ce pactole public.
Puis il pâsse au second acte. Il loue plusieurs studios en se faisant passer pour le futur occupant. Payant, rubis sur l'ongle, les loyers de ces studios, il y loge, sans prévenir les propriétaires, les familles qui lui sont adressées par la mairie. Plus il a de studios, plus il gagne d'argent puisqu'il touche toujours les 3000 ou 4000€ .
En règle générale, les services sociaux des mairies ne vérifient rien, trop heureuses de se débarrasser du problème. Pourtant, ce système ne fonctionne que sur la base des fausses factures établies par l'hôtel.
Si la mairie louait directement les studios elle économiserait plus de 70% de cette dépense mais, bon, ça c'est trop simple. Personne ne s'étonne non plus du fait qu'un hôtel de 20 chambre accueille plus de cent personnes.
L'arnaque rapporte des millions d'Euros. Elle fonctionne si bien que les vieux hôtels délabrés de la petite couronne sont désormais rares et chers à l'achat.
Pourquoi ne met on pas ces voyous dans un logement de 6 m2, avec deux ou trois autres détenus, histoire de leur montrer ce qu'est la promiscuité? Pourquoi ne leur pique t'on pas les quelques millions d'Euros qu'ils ont détournés. Mystère!

samedi 21 mars 2009

Mauvaise humeur


Le mot à la mode est "polémique". On nous le met à toutes les sauces et on cultive cette fleur médiatique comme jean de Florette cultivait des "authentiques" dans le film de Claude Berri.
Une journée sans polémique est monotone. On imagine les chroniqueurs en errance dans les couloirs des radios et télévisions, s'interrogeant du regard, hébétés, désoeuvrés, hagards au milieu du pot au noir d'un jour sans polémique.
Heureusement, le pape est là qui distille les petites phrases, la bouche gourmande, chaque jour que son dieu fait. Je réhabilite un négationniste le lundi. Comme mon quota n'est plus respecté, j'excommunie la maman de la fillette violée le mardi. Je mets le préservatif à l'index, là où manifestement il ne sert plus à rien, le mercredi. Je touille tout ça, avec mon préservatif sur l'index, par souci d'hygiène, le jeudi. Je suce mon index le vendredi, jour maigre. Etc.
Bon! C'est bien joli tout ça mais, où est la polémique?
Personnellement, je ne comprends pas pourquoi on reproche à Papy Benoit de faire son métier de pape!
Il a raison papy le XVI ème (Comme Louis)!
C'est son boulot!
Le problème n'est pas là!
Le problème c'est "la religion catholique"!
Je dirai même plus, le problème c'est l'ensemble des religions. Depuis des centaines d'années, on nous pollue l'entendement avec des papes, des ayatollahs, des bonzes, des rabbins, des derviches tourneurs, des pasteurs, des archimandrites, des marabouts, des lamas, qui tous, se promènent le doigt en l'air, avec un préservatif qui pend au bout quand ce n'est pas la petite culotte de la fille de leur concierge.
Ne soyez pas naïfs, ces gens là disent des âneries par vocation, par principe, par habitude, par hasard et par nécessité. Il ne sert à rien de leur reprocher. Ils sont payés pour ça!
Ne perdez pas votre temps en vaines jérémiades, en palabres stériles, en polémiques du dieu qui la tienne, trois qui la niquent.
Pensez par vous mêmes!
C'est quand même pas difficile!
Pensez!
Allez, je vous laisse essayer!
à +

Petit message personnel: Eh oui, Marie-No, je suis d'accord avec toi et rends grâce à Dieu chaque jour pour mon athéisme!

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