dimanche 30 novembre 2008

Musique

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Fermez les yeux, écoutez Ruben Gonzales, oubliez la crise, les baleines, le foot...
Ecoutez!
Quand, malheureusement, les doigts resteront suspendus en l'air, vous courrez acheter un de ses CD!
D'autres extraits sont à votre disposition dans la colonne de gauche du blog.

Les hommes sont des sales bêtes

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Je lisais hier, dans un supplément du "Monde", l'effroyable récit du massacre perpétré par les américains dans trois lagunes de Californie où les baleines grises, viennent chaque année, mettre au monde leur unique enfant.
Certes, cela se passait avant l'interdiction de la chasse à la baleine, au milieu du siècle dernier. Un certain Charles Melville Scammon ayant découvert ces havres de paix, les navires baleiniers vinrent se poster, chaque année, à l'entrée des lagunes et tuèrent les mâles qui, depuis des siècles, restaient à l'entrée de ces ports naturels pour empêcher les requins d'entrer. Ils tuèrent les mères en gestation et les baleineaux. On imagine aisément le spectacle de ces voyoux montés sur des barques légères et qui harponnaient tout ce qui remuait dans les eaux peu profondes. Après une décennie de massacres, les baleines grises avaient pratiquement disparu de la surface du globe.
Si, de nos jours, ces massacres ont cessé, les baleines grises furent de nouveau menacée par le projet d'une digue de deux kilomètres de long, capable de recevoir les cargos méxicains et japonais. Cela aurait asséché un tiers de la lagune de San Ignacio.
Le Clézio a participé à la lutte contre ce projet, finalement abandonné en l'an 2000. Mais cela démontre que l'économie mondiale est indifférente à l'avenir de notre planète et qu'il faut rester vigilant.
L'homme est la plus sale bête du règne animal. Il n'éprouve aucune honte à entrer jusqu'à la taille dans des mares de sang de dauphins, de narvals, de baleines, pourvu que cela lui rapporte de l'argent. Il n'éprouve aucune honte à dépecer des bébés phoques ou des chiens pour vendre leurs peaux. Il éprouve juste un peu de gène quand un photographe aligne son fasciès de brute dans la mire de son appareil. On ne sait jamais, le photographe pourrait saisir son mauvais profil!
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jeudi 27 novembre 2008

Pensée vertigineuse du matin


Allongé dans le noir, j'ai eu, ce matin, l'angoisse du néant. Le laser de mon réveil matin projetait au plafond une donnée fatidique, 6H38. La station météo de "Nature et découvertes", annonçait 3°20 au capteur extérieur et 17°10 au capteur intérieur. Carla Bruni devait encore être dans les bras de Nicolas et Christine Boutin en route pour la messe du matin.
Une pensée m'est venue:
Si, la terre n'était qu'une masse rocheuse et siliceuse, dénuée de toute trace biologique, de toute molécule associant carbone et hydrogène, de toute trace ou espoir quelconque de vie. Si la terre, les planètes, les étoiles, n'étaient que des cailloux sur leurs trajectoires imbriquées, silencieux et ternes sur leurs ellipses immuables. Si aucune conscience n'existait, humaine, extra terrestre ou transcendante. Si aucune amibe, aucun protozoaire, n'annonçait, au fond d'une cuvette humide, l'émergence d'un espoir de vie. Si la scission philosophique entre objet et sujet était caduque, faute de sujets. Alors. Alors.
A quoi cela servirait-il?

mardi 25 novembre 2008

La philosophie

J'ai résolu mes problèmes d'insomnie en lisant des livres de philosophie. Ne vous laissez pas leurrer, cette entrée en matière n'implique nullement que je me sois mis à détester ce domaine. Au contraire, je réussis désormais à m'éloigner des deux écrans magiques, ordinateur et télévision, en lisant Jean Paul Sartre, Karl Jaspers ou Emmanuel Lévinas. Je réussis à me concentrer, une ou deux heures, bien calé dans mon oreiller, puis ils me conduisent gentiment au seuil des jardins de Morphée.
Ce qui est agréable, en philosophie, c'est qu'il ne faut rien en attendre hormis un questionnement sans réponses. Toute tentative de réponse est un nouveau questionnement. Aucune réponse n'épuise un sujet sinon à devenir un dogme. Enfin, si un concept philosophique devient apodictique, alors il devient un concept scientifique.
La philosophie eut pour ennemies implacable l'Eglise et les politiques totalitaires. Cela ne peut que la rendre sympathique à mes yeux. Son exercice rend lucide. On lui demande de se justifier ce qui, précisément, est impossible.
Un homme qui s'étonne, s'émerveille ou s'effraie devant un mystère est un futur philosophe. Conscient de son ignorance il fait un premier pas vers le savoir.
En admettant même qu'une première réponse lui soit apportée par la science, l'homme se met alors à douter. Là encore, c'est une posture de philosophe. Parvient-il à une certitude, il s'y accroche comme à une bouée salvatrice. Descartes énonçant le célèbre "je pense donc je suis" est dans cette situation là!
L'homme se heurte à d'autres certitudes, effrayantes. Il tente de les oublier. Je vais mourir, je vais souffrir, je vais culpabiliser, je suis soumis au hasard. Philosopher passe par la reprise en compte de ces peurs. Philosopher nous empêche de nous dérober sans cesse devant ces lancinantes pensées.
La limite de cette prise de conscience est dans le groupe. Par exemple, un homme isolé peut, éventuellement, comprendre que seul un comportement solidaire peut apporter une commune justice et une réelle liberté. Il suffit de parcourir les pages de n'importe quel journal pour se rendre compte qu'aucun peuple n'a mis en pratique ces principes de base.
Les trois mobiles classiques de la philosophie, l'étonnement, le doute, la conscience de notre fragilité, sont donc pérennes. Aujourd'hui, plus que jamais, l'espèce humaine semble vouée au combat. Des peuples, passifs et veules, se soumettent à la volonté de gurus plus ou moins inspirés, patriotes ou religieux, et massacrent leurs voisins, leurs anciens amis, leurs parents, ivres du sang qui les éclabousse. Aujourd'hui, plus que jamais nous sommes étonnés, dubitatifs, fragiles devant les actes perpétrés par les mêmes ennemis de la philosophie qu'il y a 25 siècles.
Alors, plus que jamais, il faut philosopher, acquérir une douloureuse lucidité, chercher l'être qui est en nous, communiquer avec l'être qui nous renvoie notre image, avant de l'égorger et, si possible, sans l'égorger. Il faut emprunter les chemins de liberté qui nous semblent défendus par le milieu social, la religion, la morale, la politique, tous ces carcans qui ne résolvent rien.
Il faut....
Y'a qu'à....

samedi 22 novembre 2008

Moi qui suis du signe du lion....

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Je vous disais, quelques pages en arrière, mon aversion des supporters du football.
Dans mon esprit, il y a pire.
Il y a ces tartarins aux gros bras qui, faute de grives, tirent sur des tigres, des lions, des panthères, des éléphants, des rhinocéros, des singes et j'en passe.
Comme c'est plus gros qu'une grive, c'est plus facile à mettre dans la ligne de mire.
Personnellement, je plains ce pauvre lion, face à un véritable peloton d'exécution et qui n'arrive même pas à chopper un de ces beaufs.
Dommage!
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Je préfère très nettement ce gag de l'excellent Rémi GAILLARD.
Allez sur Youtube et taper ce nom, vous verrez plusieurs gags
désopilants de ce garçon!
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mardi 18 novembre 2008

Mon dieu qu'il est bête ce Zabulle


Me promenant hier sur un chemin goudronné, j'ai vu un ver de terre qui se tortillait, à mi chemin des deux bords de cette voie rurale.
Après l'avoir cueilli, je l'ai délicatement déposé dans l'herbe, loin des risques inhérents à son état d'invertébré mou.
Je ne sais pas si la gent lombric vénère des dieux, lui dresse des monticules expiatoires, prie dans son jargon souterrain. J'ai un problème de communication avec les lombrics. En réalité, je n'en ai rien à foutre des lombrics!
Si les lombrics pensent qu'il existe dans le monde des êtres transcendantaux qui peuvent avoir une influence sur leurs ridicules reptations, ils se gourent. Cette influence ne peut être que ponctuelle et hasardeuse.
Que les lombrics vivent tranquillement leur vie souterraine! Le hasard seul fera que ma bêche en fera des tronçons, que je serai amené à leur enfiler un hameçon dans le derche, que je les écraserai sous ma semelle ou les transporterai vers l'herbe salvatrice.
J'ai, avec eux, les mêmes problèmes de communication qu'avec cet être transcendantal qui fait l'objet des cultes humains. Je ne comprends rien à leurs prières! Et il n'entend pas les miennes!
La seule différence c'est que je sais que j'existe. Cogito ergo sum, comme disait l'autre!
Je sais aussi que les lombrics existent!
C'est tout et je ne ferai pas le même pari que Pascal!
Bon! Je vous quitte et vais aller boire un verre, solitaire.



dimanche 16 novembre 2008

Le bois de Sénécat et le bois du Gros Hêtre


Le sergent Francis Louis Benjamin GASTINEAU
né le 22 novembre 1885 à Chatelais (Maine-et-Loire)
décédé le 11 avril 1918 dans le petit bois de Sénécat (Somme)
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Je ne sais pas si, en ce début de mois d'avril 1918, le petit bois de Sénécat et le bois du Gros Hêtre sont encore des ilots de verdure, comme tout petit bois qui se respecte. Je ne sais pas si Francis Gastineau, le grand oncle de ma femme, a entendu les oiseaux fêter le printemps.
Le 4 avril, un général a posé un doigt sur la carte d'état-major, pas loin de cet endroit où les troupes anglaises et les troupes françaises joignent leurs fronts. Il a décidé de reprendre le petit bois de Sénécat, coûte que coûte.
Cette bataille s'inscrira dans l'épopée de l'offensive allemande sur la Lys et la contre attaque des forces françaises et anglaises dans la Somme.
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Le 5 avril, à 11 heures, le 335ème Régiment d'Infanterie reçoit l'ordre d'attaque. Le 4ème bataillon se porte à l'attaque de la corne sud du petit bois. La 15ème Cie est en première ligne. La 14èmè Cie est en soutien. La 13ème Cie est en troisième ligne.
On peut lire sur le journal de marche du Régiment:
"A l'heure H (16H30), en dépit de rafales d'artillerie de tous calibres, le bataillon, marchant comme à la parade et animé d'un esprit offensif remarquable, franchissait la base de départ (chemin du Rouvrel à Dammartin), sa droite à 300 mètres au Nord-Ouest du cimetière de Rouvrel.
N'ayant pas de barrage roulant pour appuyer son attaque, le bataillon fait preuve d'autant plus d'intrépidité. Il donne libre carrière à sa bravoure, accélère l'allure prévue et agit en flanc garde offensive malgré les tirs de barrage, des tirs de mitrailleuses de front et d'enfilade, d'un avion ennemi survolant les vagues à 100 mêtres et les mitraillant.
A 150 mêtres du bois de Sénécat, une mitrailleuse en lisière et vers notre gauche ouvre un feu particulièrement meurtrier sur la section de gauche, la section plus à droite est entrainée à l'assaut par le lieutenant De La Marc (15 èCie) deja blessé à une jambe. Bientôt cet officier tombe, mais dans un élan irrésistible, la 15èCie (Cie Prieur) se jette dans le bois et s'empare de la mitrailleuse après un furieux corps à corps."
Je ne sais pas si Francis a participé à cette première bataille. Si c'est le cas, il en réchappe car, si j'en crois un autre document, il lui reste 6 jours à vivre. Je ne sais pas si une fiancée l'attend à Chatelais, s'il pense à elle. Il a 33 ans. Pour un paysan, l'état du petit bois doit être un crève cœur, mais après quatre années de guerre il y est sans doute habitué.
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A l'aube du 11 avril 1918, a t'il conscience qu'il va mourir? Je ne pense pas. Les grands malades voient la mort s'approcher, parfois ils l'attendent avec impatience. Un jeune homme de 33 ans attend seulement la fin du jour, la fin d'un jour de survie supplémentaire.
Sur le journal de marche du Régiment le déroulement de cette journée fatale se lit comme le synopsis d'un film de guerre:
"En exécution de l'ordre d'opérations de le 17è DI du 9 avril N°64-P.C. le 5è bataillon reçoit l'ordre d'attaquer le bois du Grops Hêtre (2 km Est de Rouvrel) de le nettoyer et d'occuper la croupe de l'Est de ce bois afin d'avoir des vues sur la vallée de l'Avre.
Base de départ à 600 mètres environ de la lisière Ouest du bois. Le front d'attaque qui est de 900 mètres se trouve situé à cheval sur une croupe ayant de chaque côté un ravin profond.
A droite un bataillon du 90è RI a comme objectif la ferme Anchin. La liaison entre les bataillons est assurée par des groupes de combat de liaison.
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A 4 heures, l'artillerie déclenche son tir de préparation.
A l'heure H (5H15) le 5è bataillon part dans un élan et un calme magnifiques. Il fait à peine clair. Un premier bond de 200 mètres est exécuté tandis qu'une fusée éclairante allemande signale l'attaque. Aussitôt les mitrailleuses ennemies se mettent à tirer.
Obligé de se terrer tout d'abord, le bataillon, sous l'impulsion héroïque de son chef admirable, le capitaine Pougnon, continue sa marche en avant et parcourt encore 300 mètres. Ce deuxième bond le porte à moins de 200 mètres de son objectif. A ce moment, le chef du bataillon, le capitaine Pougnon est grièvement blessé.
En avant du bois existe un petit ravin assez profond, non mentionné dans les renseignements fournis avant l'attaque et non indiqué sur la carte. Pendant le bombardement, l'ennemi est sorti du bois et a occupé le ravin.
Les 1ères vagues vont atteindre ce point de terrain lorsque se déclenche un très violent tir de mitrailleuses qui les prennent de front et de flanc. En quelques secondes elles sont fauchées sur place. Ainsi tombèrent glorieusement, devant le bois du gros hêtre, qu'ils croient atteint, 12 officiers, dont le chef de bataillon, et 130 hommes blessés qui purent par la suite regagner nos lignes à la faveur de la nuit, un nombre proportionnel de tués et de blessés graves qui restèrent sur le champ de bataille, la vigilance de l'ennemi, qui dispose de nombreuses mitrailleuses interdit en effet tout mouvement."

Le bilan de cette journée du 11 avril 1918 est terrible:
6 officiers disparus
8 officiers blessés
12 hommes de
troupe tués
305 hommes de troupe disparus
85 blessés

Sur l'acte de décès de Francis on peut lire : Genre de mort "Disparu".
Francis est mélé à cette terre grasse de la Somme avec les 304 camarades qui couraient autour de lui.
Il la nourrit et la fertilise.
Comme il se serait appliqué à nourrir et à fertiliser la terre de sa ferme.
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Le petit bois de Sénécat après la bataille....(Photo extraite du site "Mémoire des hommes)

lundi 10 novembre 2008

Les voitures électriques

Construire une voiture électrique c'est extrêmement compliqué. C'est la raison pour laquelle, il a fallu attendre le 1er mai 1899 pour que Camille Jenatzy sur sa fameuse voiture, "la jamais contente", atteigne 105,850 km/h, vitesse jamais atteinte jusque là par un véhicule automobile.
Fait curieux, "la jamais contente" était une voiture électrique! Etonnant non, dirait Pierre Desproges. Plus étonnant encore, le concurrent direct de Jenatzy, le comte de Chasseloup-Laubat, moins rapide, conduisait également une voiture électrique!
Vous avez maintenant droit à une réponse sur les trois propositions suivantes:

1) Depuis ce jour, les ingénieurs ont égaré les plans de ce véhicule.
2) Les ingénieurs actuels ont beaucoup moins de moyens techniques qu'à cette époque.
3) Les compagnies pétrolières ont tout fait pour qu'on ne progresse pas dans ce domaine.

Vous avez droit à un indice: Une grosse compagnie pétrolière américaine a, plus récemment, racheté une usine qui construisait des voitures électriques, puis a arrêté la chaîne de construction.

Pour terminer, je vous livre cette saynete du journal illustré du 7 mai 1899. Un fiacre a échappé à son conducteur et dévale une rue de Paris. Je vous le donne en mille, c'est un fiacre électrique.

J'ai extrait ces images d'un gros volume de "L'Illustration", paru en 1937, et intitulé "La Locomotion Terrestre".

Au fait, le record de la voiture électrique fut battu, en 1902, par Léon Serpolet sur une voiture ........ à vapeur! (120,77 km/h)

jeudi 6 novembre 2008

mercredi 5 novembre 2008

Avons nous les moyens?


La tournée du médecin dans un village du Maine et Loire

en l'an 2030!

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Ce matin, j'ai froid. J'ai posé mes fesses sur la barre dorée de ma cuisinière et la chaleur diffusée par les buches de bois a réchauffé mon dos.
Lorsque l'énergie deviendra hors de prix, la vieille cuisinière sera encore là et les aulnes, les frênes, les châtaigniers, les acacias qui poussent dans les près du bord de la rivière fourniront cette même chaleur.
Il me vient de vraies angoisses et de tristes certitudes.
Avons nous encore, nous occidentaux, les moyens d'un altruisme mondial?
Ou, devons nous devenir protectionnistes?
Les hindous, les chinois, les africains, les afghans, les inuits doivent ils bénéficier à court terme du même confort que nous? Si vous répondez "oui" à cette question vous êtes des braves gens, et des cons.
Un seul exemple pour faire passer cette provocation délibérée: la production mondiale de pétrole est insuffisante pour assurer, aux seuls chinois, le droit de posséder une voiture par famille. Et je ne parle pas de l'acier qu'il faudrait pour les construire. Et cette affirmation reste vraie si seule la Chine a des voitures! Ajoutez y les hindous, les africains, les....
Vous croyez encore qu'il faut que tous ces peuples rattrapent leur retard? Inutile de répondre à cette question! D'ailleurs, vous n' avez aucune influence sur cet aspect des choses.
Nous allons droit dans le mur car, que vous le vouliez ou non, ces peuples rattraperont leur retard! Ils consommeront tout le cuivre, tout l'acier, tout le nickel, tout le pétrole!
La crise actuelle n'est qu'un aimable divertissement, une bluette, une sottie au regard de ce qui nous attend dans les vingt années qui suivent.
Bientôt, nos vieilles décharges publiques deviendront des mines, des trésors. On les exploitera pour en extraire tout ce que nous y avons jeté en quelques décennies.

Nous entrerons dans l'ère de l'économie symbiotique.

Il s'agira d'utiliser les énergies renouvelables sans tergiverser. Il s'agira de recycler tout ce qui est recyclable dès la mort de l'objet. Il faudra que nous devenions imaginatifs.

Il le faudra, sinon...

lundi 3 novembre 2008

Marcel Mathiot Carnets d'un vieil amoureux


Beaucoup de mes amis marcheurs ont connu, ne serait-ce que de réputation, l'instituteur de Contigné, Marcel Mathiot.
Cet homme à la longue figure et à l'allure austère, suscitait quelques murmures au sein des enseignants d'un certain âge. Disons le, il était connu comme un homme à femmes. J'ai moi même connu un vieux professeur qui était son ami. Enfin, c'est lui qui a fait passer le certificat d'études primaires à une parente proche. C'était une figure locale donc!
Or je lis sur la toile le commentaire suivant:
"A 90 ans passés, il culbutait encore Mado, une jeunesse de 82 ans, qui en redemandait: «Nous nous consommons avec voracité. Mado connaît un orgasme permanent!» Même Emma, 36 ans, une gamine, s'offrit à lui. Marcel Mathiot (1910-2004) fut un vieillard incroyablement élastique, érectile, priapique. Sa longue vie fut pleine de conquêtes et de maîtresses. Après la mort de sa femme, en 2000, et malgré une prostate en capilotade, le birbe poursuivit son activité sexuelle. Avec plus de liberté et moins de mauvaise conscience."
Je me frotte les yeux, incrédule, et de découvre que notre vieil ami est devenu, après la publication d'une partie de ses "carnets", la coqueluche de l'intelligentsia parisienne.
On dit de son "livre":

"C'est un document passionnant. Il ne révèle pas seulement des prouesses érotiques qui bousculent pas mal d'idées reçues sur le quatrième âge, il dresse aussi l'étonnant portrait d'un homme qui traversa le XXe siècle en se moquant de la morale (conseiller municipal de Contigné, il s'opposa au pudibond Jean Foyer) et en n'ayant le souci que de son bonheur. Il le trouva, pour l'essentiel, chez les femmes et dans les livres qui raisonnaient sa disposition à l'hédonisme, au pacifisme et à «l'évitisme»: Epicure, Ronsard, Montaigne, Voltaire, Sagan. Plus Louise Michel, Léo Ferré, et «l'Internationale», qu'il programma pour sa crémation. " Jérôme GARCIN

Ben mon colon! Ma mâchoire inférieure s'est décrochée et nécessite, depuis, une attelle en petite culotte de soie. Je regrette désormais de n'avoir pas côtoyé ce personnage intéressant. Trop tard! Il me reste à acheter le bouquin, et je ne vous le prêterai pas, amis marcheurs.
Lorsque nous irons, le 17 novembre, dans les ornières du village, pour cette balade que je vous ai concoctée, nous remonterons le "chemin des amourettes", pas loin de Contigné justement. Je vous lirai peut être quelques passages, en guise de ballade.

Ou alors je vous chanterai mes blessures et, comme vous êtes de vrais amis, vous pleurerez sur mon épaule.

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J'en profite pour vous rappeler que, lorsque des mots sont jaunes et soulignés, il faut cliquer dessus, mes amis. Cliquez, cliquez, cliquez, il en restera quelque chose. J'en connais qui ne savent pas cliquer !

Tiens, essayez de cliquer sur Jérôme Garcin, par exemple.

dimanche 2 novembre 2008

Pierre Desproges


Quelques citations de Pierre Desproges en guise de récréation.

1) La rumeur, c'est le glaive merdeux souillé de germes épidermiques
que brandissent dans l'ombre les impuissants honteux. Elle se profile à peine au sortir des égouts pour vomir ses miasmes poisseux aux brouillards crépusculaires des hivers bronchiteux. Elle nous dit, rappelez- vous, que les Pompidou sont d'inquiétants paillards. Que la chanteuse Sheila n'est pas une femme. Que Simone Signoret n'est pas capable d'écrire ses livres toute seule. Plus menteuse que la rumeur, tu meurs. Elle s'en fout, elle a éjaculé son venin répugnant jusque dans Orléans, où des hyènes anonymes susurraient naguère sans frémir que les femmes qui entraient dans certains magasins tenus par les juifs de la ville disparaissaient à tout jamais vers d'introuvables bordels orientaux. Et puis, comme le monstre du Loch Ness, la rumeur fait son rot et retourne à sa vase...

2) Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de 22 handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints.

Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s'enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de 8, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d'usine? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de 40 morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?

3) Ils sont fiers d'être cons. «Jean Jaurès? C'est une rue, quoi», me disait récemment l'étron bachelier d'une voisine, laquelle et son mari, par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez eux les soirs où leur crétin souhaite trombiner sa copine de caleçon dans le lit conjugal.

Ceci expliquant cela: il n'y a qu'un «ah» de résignation entre défection et défécation.

J'entends déjà les commentaires de l'adolescentophilie de bonne mise:

«Tu dis ça parce que t'es en colère. En réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, "la peau lisse et même élastique", selon Alain Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur.»

Je m'insurge. J'affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j'étais jeune moi-même. J'ai plus vomi la période yé-yé analphabète de mes vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock abâtardi.

4) Mais convenez avec moi que ce mépris constitutionnel des minorités qui caractérise les régimes démocratiques peut surprendre le penseur humaniste qui sommeille chez tout cochon régicide. D'autant plus que, paradoxe, les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard.

Et surtout, achetez "Tout Desproges", une anthologie brochée parue en mars de cette année aux éditions du Seuil, ne serait-ce que pour que je sois pardonné d'avoir mis dans mon blog des extraits de ce livre. J'ai des doutes...

Car, comme il le disait lui même: " La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute ".

Quelques vidéos: Il a bobo le bébé,

Les cintres

Le drame du Heysel




samedi 1 novembre 2008

Jean CAVAILLES


Le 17 février 1944, dans ma bonne ville d'Arras, les allemands fusillaient Jean CAVAILLES , cofondateur avec Emmanuel d’ASTIER de La VIGERIE et Lucie AUBRAC de Libération Sud. Son réseau de renseignement et de sabotage « COHORS » étendra son activité à l’ensemble du pays et à la Belgique.

Jean CAVAILLES a écrit : « On ne combat pas pour être libre, mais parce qu’on l’est déjà ».
Car, Jean Cavaillès fut, avant de s'engager dans ce combat, l'un des grands philosophes français du XXème siècle.
En parcourant sa biographie, dans mon cabinet de lecture habituel, j'ai compris qui était le Luc JARDIE du film "l'Armée des ombres". Souvenez vous de Paul Meurisse se réfugiant dans une sorte de cabane vitrée en bois, au milieu de son appartement, pour économiser la chaleur. Souvenez vous des livres que Philippe GERBIER (Lino Ventura) lit dans sa cachette. Ce sont ceux de Jean CAVAILLES. (Notamment "Transfini et continu, Paris, Hermann, 1947)
Longtemps, je me suis demandé qui avait inspiré ce personnage à Jean-Pierre MELVILLE.
Et bien maintenant je sais. Ce n'est pas important mais je tenais à vous faire partager cette illumination.
Voir cette autre scène.

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